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LA “LUTTE INTÉGRÉE NUMÉRIQUE”: UNE DISCUSSION AVEC LE FONDATEUR DE FARM DOG

par Thomas Grandperrin

Publié le 3 mars 2020

Cet article a été initialement publié en anglais sur Freshfruitportal.com.

 

J’ai eu le plaisir de discuter avec Liron Brish, fondateur de Farm Dog, un site et une application mobile de gestion des ravageurs des cultures et des maladies, utilisée sur plus de 600 ‘hectares aux États-Unis, au Canada et dans le reste du monde. Au cours de notre conversation nous avons abordé plusieurs sujets, allant des origines de son intérêt pour l’agriculture remontant à son grand-père, agriculteur en Ukraine avant la Seconde Guerre mondiale, en passant par sa vision de ce qu’il appelle la « lutte intégrée numérique contre les ravageurs”.

Le défi de l’adoption des technologies dans l’agriculture

L’agriculture numérique, souvent appelée agriculture de précision, est un sujet devenu récurrent dans les médias et les conférences : logiciels de gestion agricole, drones, capteurs connectés, intelligence artificielle… Pourtant, la réalité est qu’il y a encore beaucoup de producteurs qui ont du mal à adopter ou même à reconnaître la valeur de certaines technologies agricoles (aussi appelées « AgTech »). Pour réduire ces freins à l’adoption, l’un des points clés que les fournisseurs de solutions AgTech doivent garder à l’esprit, selon Liron, est de ne pas augmenter la charge de travail existante d’un agriculteur : « La raison pour laquelle chez Farm Dog nous avons commencé par développer un logiciel de suivi des ravageurs, est qu’aux États-Unis, plus de 90 % des agriculteurs inspectent déjà leurs champs, que ce soit l’agriculteur lui-même ou leur conseiller agricole. Nous ne demandons pas à l’agriculteur de mettre en oeuvre un processus complètement nouveau et de rajouter 30 minutes de travail à sa journée, nous rendons simplement plus efficace ce qu’il fait déjà« . ​

 

Liron Brish, co-fondateur et gérant de Farm Dog

Liron souligne qu’au cours des dix dernières années de nombreuses entreprises AgTech ont fait des promesses de résultats excessives  aux agriculteurs. « Combien d’entreprises promettaient sur leur site web qu’elles vous aideraient à économiser 25% d’eau ou à augmenter vos rendements de 15% ? Il n’est pas étonnant que les agriculteurs en aient eu assez. Au bout d’un moment, ils lisaient ces promesses et demandaient : « Attendez une seconde : comment allez-vous prouver cela ? »  » 

 

La proposition de valeur de toute solution AgTech doit être simple à expliquer et à tester. Dans le cas de Farm Dog, il s’agit d’aider les agriculteurs à gagner du temps sur une tâche qu’ils effectuent déjà, à savoir le suivi des champs, et à accroître l’efficacité en facilitant l’accès aux informations historiques. Si une diminution de l’utilisation des intrants est un effet secondaire positif et durable de l’utilisation du logiciel en raison de sa capacité à permettre aux agriculteurs de mieux adapter et cibler les applications de produits phytosanitaires, les producteurs commenceront à en tirer des avantages à court terme, ce qui est essentiel pour l’adoption selon Liron.

 

Les entreprises technologiques, quelle que soit la quantité de données qu’elles recueillent, doivent également être conscientes qu’il est difficile de faire des recommandations précises étant donné qu’elles ne sont pas sur le terrain au jour le jour. Mais c’est aussi la responsabilité des producteurs d’avoir des attentes réalistes et accepter que la technologie n’est pas une baguette magique qui résoudra tous leurs problèmes sur-le-champ.

 

De “l’agriculture durable » à la « lutte intégrée numérique »

Nous entendons beaucoup le mot « durable » depuis quelques décennies et il est rare d’assister à une journée pédagogique ou d’assister à une conférence sur l’agriculture sans l’avoir entendu. Liron aime rappeler qu’il existe trois aspects de la durabilité : environnemental, financier et social. Selon ses propres termes, « la durabilité est la façon dont les agriculteurs restent en activité« . Que ce soit en raison de la conviction écologique de l’agriculteur, en réponse à un changement de la demande des clients ou pour se conformer à de nouvelles réglementations, les raisons pour lesquelles les agriculteurs adoptent des pratiques plus durables sur le plan environnemental peuvent être très différentes. Mais une chose est sûre selon Liron, « en tant que producteur, si vous regardez la situation sur le long terme, à moins d’adopter des pratiques respectueuses de l’environnement, vous n’aurez probablement plus de place à la table« , avant d’ajouter « au bout du compte, les agriculteurs et leurs agronomes sont les gardiens de la terre et ils doivent s’assurer qu’ils pourront continuer à cultiver dans leur champ dans un an, cinq ans et 25 ans« .

 

Interrogé sur la manière dont Farm Dog aide les agriculteurs à mettre en œuvre des pratiques de production plus durables, il a répondu que le suivi des cultures est la clé de la réduction de l’utilisation des pesticides, pour la simple raison qu’il est plus facile de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas et de cesser rapidement d’utiliser des solutions inefficaces ou non ciblées. « Sans savoir quels sont les problèmes que vous rencontrez dans votre champ, vous ne pouvez pas prendre de décision sur le traitement à utiliser. C’est pourquoi Farm Dog aide les agriculteurs à faire le premier pas vers une lutte intégrée durable”.

La plateforme Farm Dog

Liron promeut l’expression « IPM numérique » et prévoit que les outils de l’agriculture de précision (capteurs d’humidité des sols, télédétection, applications de suivi des ravageurs… pour n’en citer que quelques-uns) seront connectés entre eux pour fournir les informations et les analyses de données dont les agriculteurs ont besoin pour prendre des décisions. Les décisions en matière de gestion des ravageurs et des maladies seront mieux définies et les actions correspondantes sur le terrain seront suivies pour créer de nouvelles pratiques culturales et affiner des techniques telles que la pulvérisation à débit variable ou les protocoles de libération d’auxiliaires des cultures par drones.

 

Formations continues et collaboration.

Pour les agriculteurs intéressés par la lutte intégrée, Liron recommande de consulter les informations fournies par les chambre d’agriculture afin qu’ils puissent trouver des informations pertinentes pour la région où ils cultivent, et non pas seulement des informations générales sur leur type de culture.

 

Les producteurs doivent également se rappeler que les entreprises AgTech sont à leur service et non l’inverse. « Nous sommes conscients des défis que les agriculteur doivent relever en matière d’agronomie, de réglementation, de consommation et de finances… Notre objectif est d’atténuer ces difficultés, tant à court terme qu’à long terme », explique Brish. Les agriculteurs du monde entier devraient donc partager de manière proactive leurs défis avec les entrepreneurs comme Liron et chercher en permanence des moyens de collaborer pour trouver des solutions.

 

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